Dimanche typique de Kuala Lumpur :

Je pars le matin avec un vague destination en tête, une église, un bout de cathédrale. Là bas je bavarde et je fais la connaissance d'une poignée d'horizons différents. Ce matin c'est un Malaisien de Pinang qui m'a abordé en trouvant que je ressemblais à un juif polonais, et comme sa femme était polonaise... eheh ! Voilà que je participe à la messe avec eux, pour un office à la fois très catho tradi, mais avec une musique bien récente d'un style horriblement niais kermesse cheapos à mourir. Je comprends sur le coup la demande de Goscha, sa femme polonaise, à propos des chants de Taizé qu'elle voudrait tant importer ici ! A la fin de tout ça, ils me disent qu'ils doivent se presser pour répéter pour un concert ce soir. Ma curiosité me fait savoir qu'elle est violoniste dans l'orchestre national, avec un de ses fils. Je saute sur l'occasion de me renseigne sur les heures et prix. J'en parle à Angélique, Massoud et Reza, et la soirée est organisée !

Nous voilà donc, sapés comme des papes, à "Istana Budaya" (palais de la culture). l'opéra national est construit dans le style malais, avec des immenses toits triangulaire qui pourraient presque rappeler l'opéra de Sydney. Ce palais semble bien dédié à la culture locale, et ce concert très européen est exceptionnel. En effet, on aura droit aux portraits géants des 5 premiers ministres de la Malaisie le long des escaliers, puis carrément l'hymne national en ouverture (eh si, je vous confirme !). Des annonces à rallonge étaient faite en langue bahasa, mais cela était plutôt justifié vu le public largement local.

On attaque avec un oratorio bien suspect, quasiment bouffe. Composé par Joseph Horovitz, empreintant aussi bien au classico classique que le baroque, une touche de blues et quelques touches modernes concrètes, dépaysant et original.
Ensuite, Concerto pour violon op35 de Tchaïkovski. Un orchestre qui dépassait mes attentes en qualité (9€ la place et des mises en garde du la violoniste.) La soliste était en tous cas fantastiquement précise et même émotionnellement impliquée à mesure que le morceau se développait. Je note le deuxième mouvement, pour sa douceur dont le compositeur tire toujours une merveilleuse fantomatique nostalgie, et enfin un 3me mouvement qui m'a fait reconnaitre (enfin !) cette pièce.

Un entracte nous offre la possibilité d'un dîner bien malay, pour des prix dérisoires ! Par contre l'appelle au retour en salle a été drôlement discret, et comme les annonces étaient en bahasa, nous avons bêtement raté la reprise du spectacle...
On finit avec la symphonie n4 du même bonhomme. Premier mouvement en valse légère puis plus martiale. Deuxième mouvement encore plus magnifique que le II du concerto, lyrique et surtout moderne dans l'harmonie. Troisième malicieux et dynamique comme le veut la tradition, entre course poursuite de pizz et plaisanteries cuivrées. Final triomphant avec une utilisation étonnante des contrastes, dans les rythmes et les jeux. Tagada tsouin tsouin, applaudissements, et nous voilà de retour pour dodo avant la nouvelle semaine !